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Visibles/invisibles

Exposition
Visibles/invisibles - Apt

Le 26 mars 2015, la Fondation Blachère présente une exposition autour de 15 artistes contemporains majeurs, reconnus et émergents issus d’Afrique : Visibles / Invisibles. Peintres, photographes, vidéastes et sculpteurs ont été invités à présenter des œuvres sur le thème de l’Afrique urbaine contemporaine et de ses minorités « invisibles ». Artistes mondialement renommés (comme le sud-africain William Kentridge ou le photographe congolais Sammy Baloji), et jeunes talents confirmés (le photographe Nyaba Léon Ouédraogo ou le peintre Dawit Abebe) ont tous fait le choix d’un questionnement sur la notion de « marge » en Afrique. L’Afrique se comprend aussi dans ses minorités, dans ses « marges ». Les artistes contemporains nous invitent à changer notre regard, à réapprendre à voir la réalité quotidienne, que certains médias ont contribué à nous masquer ou à nous présenter sous formes de clichés. L’art contemporain africain joue ainsi le rôle de révélateur : il donne vie, forme, parole et dignité à ces acteurs rendus invisibles parce qu’on ne les montre pas et qui peuplent le Continent. Les humbles, les travailleurs du secteur informel, les handicapés, les prostitué(e)s, les homosexuel(le)s, les enfants des rues, tous ceux qui ne font jamais la couverture de l’Afrique qui « avance ». Visibles et Invisibles : ce qui est là dans l’ombre, non pas vraiment caché, mais peu regardé, peu convoqué. L’artiste comme Voyant, celui qui regarde et nous amène à voir. La représentation du handicap en Afrique par Malik Njemi, les grand-mères footballeuses du Township d’Orange Farm chez Andrew Esiebo, les femmes accusées de sorcellerie et exclues de leur village, puis révélées par Nyaba Léon Ouédraogo, les prostituées d’Addis Abeba vues par Michael Tsegaye, les corps féminins emprisonnés puis libérés par la photographe tunisienne Mouna Karray, « Félix », le militant anonyme sud-africain de William Kentridge… Tous ces portraits interrogent le spectateur. « Vous êtes le seul à nous voir, parce que personne ne s’intéresse à nous », dit-on au photographe burkinabé Nyaba Léon Ouédraogo. Face aux acteurs institutionnels, nombreux sont les artistes et citoyens qui forment des réseaux autonomes liés à une activité professionnelle reconnue, comme les trieurs de déchets, les musiciens, les commerçants informels… Ces réseaux développent leurs propres codes alternatifs aux codes dominants. Ces œuvres et installations, conçues pour l’exposition, s’inscrivent dans l’esprit de la Fondation Blachère, inaugurée il y a dix ans : monter l’Afrique et ses artistes de façon résolument contemporaine, sans fatalisme ni angélisme.[...]

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