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Le geste des matériaux

Exposition
Le geste des matériaux - Grenoble

Une œuvre nait d’une intention, celle de l’artiste. Cette intention se traduit alors en matériaux et en gestes. Si l’on se rapporte à Gaston Bachelard, c’est en effet du contact répété à la matière que nait la forme. Ce serait la manipulation de la matière et donc le geste qui donnerait naissance à l’œuvre. Ici, ce serait les parpaing, brique, bois, résine, placoplatre, plastique, carton, ciré de pêche que ces artistes manipulent qui donneraient naissance à leurs œuvres. Des matériaux bruts, industriels, loin de la noblesse à l’œuvre dans la sculpture ou la peinture classique. L’on peut alors se poser cette question : en quoi ces matériaux sont-ils constitutif du travail de ces artistes? La manipulation des matériaux utilisés témoigne d’une intention, d’une volonté propre à l’artiste, la présence de ce geste producteur contribuant à la définition de la responsabilité de l’artiste. Ce geste n’est pas seulement un moyen de transformer le monde, il est aussi un moyen de communiquer, mais sa relation avec l’état de fait qu’il décrit est complexe et dépasse la simple représentation. De ce geste productif et de ce geste communicant nait alors une valeur esthétique, sociale ou transcendantale. L’écart entre l’œuvre et le geste représente ainsi l’espace de liberté incompressible de l’artiste, la part de l’imaginaire et de la création qui reste inaccessible mais qui en remodèle les contours. Les matériaux, le geste, l’intention se fondent alors en une plasticité du corps et de l’esprit résultant du rapport spéculaire de l’artiste à son milieu.[...]