Vous êtes ici.

Francesco tropa

Exposition
Francesco tropa - Paris

L’artiste portugais Francisco Tropa, qui représenta son pays à la Biennale de Venise en 2011, développe un oeuvre complexe qui convoque avec brio toutes sortes de techniques, des plus virtuoses aux plus élémentaires. Mêlant l’art et l’ingénierie, il développe dans un même geste créatif prototypes et machineries, mais aussi peintures, sérigraphies, photographies, performances, etc. En découle un univers singulier nourri de références variées, convoquant sans hiérarchie des figures archaïques et modernes, les sciences et la magie, comme sources des oeuvres. S’il m’a paru intéressant d’inviter Francisco Tropa pour cette première exposition individuelle au sein du cycle « Des gestes de la pensée », c’est que sa relation à la connaissance est à la fois essentielle et indéterminée. Diffuse et précise. Ses formes entretiennent avec leur substrat culturel une relation trouble, faite d’influences réciproques, d’allers-retours permanents, le geste et la pensée se musclant mutuellement sans que l’un ne précède l’autre. Sa pratique, ancrée dans la matière, est donc autant intuitive qu’érudite. Une sorte d’ « érudition affective », indisciplinée et sauvage. Souvent, ce sont les oeuvres qui orientent a posteriori les lectures et recherches théoriques. Bref, tout est enchevêtré chez Tropa : le réseau de références irrigue l’oeuvre en amont et en aval. Ce faisant, ses indices narratifs, qui sont autant de percées fictionnelles de la surface formelle des objets, donnent une cohérence aux projets sans jamais les déterminer, et une grande place est laissée aux plaisirs de la forme, aux sensations et au hasard. C’est ainsi que s’agglomèrent des installations complexes et fascinantes, qui ponctuent des chantiers de travail de plusieurs années. C’est le cas avec ce projet inédit, spécialement produite pour la Verrière, et intitulée « TSAE - Trésors Submergés de l’Ancienne Egypte ». Vaste installation de type cosmogonique, proliférante et désordonnée, elle prend la forme d’une exposition archéologique dont on arpenterait les traces éparses. Agglomérant différents corpus du travail, elle convoque plusieurs types de représentations du monde, de la « topographie chrétienne » médiévale d’un Cosmas Indicopleustes aux utopies modernistes d’un Paul Scheerbart. Mais rassurons-nous, rien n’est si clair ni réellement lisible, ici. L’ensemble dessine une sorte de fiction sculpturale incomplète que le visiteur est amené à recomposer mentalement. Comme un roman d’anticipation à travers une histoire des formes et de la représentation, dont les oeuvres énigmatiques seraient autant d’indices muets.[...]

SES AUTRES ÉVÉNEMENTS

Voir les évènements