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Galerie gourvennec ogor - mara fortunatović : plénitude du vide et autres paradoxes 1816 vues - Depuis le 17/11/2015
Le 17/11/2015

La Galerie Gourvennec Ogor est heureuse d'annoncer la première exposition personnelle de l'artiste Mara Fortunatović. L’exposition ouvrira le samedi 21 mars de 18 à 21 heures en présence de l'artiste et sera visible jusqu’au 2 mai 2015. En physique, le vide est toujours plein. par Agnès Werly Mara Fortunatović créé des installations à la croisée de la peinture et de la sculpture. Elle manipule l’espace et se l’approprie en l’habitant de modules qui s’apparentent à des fragments architecturaux et jouent avec le vocabulaire de l’exposition. Les pièces se tiennent dans une incertitude volontaire et jonglent sur l’ambiguïté de leurs fonctionnalités. Les interventions de l’artiste se déploient à différentes échelles et mettent en jeu une expérience à la limite de la perception. Pour l’exposition «Plénitude du vide et autres paradoxes», Mara Fortunatović présente des pièces réalisées pour ses dernières expositions, « Presentia » (2013), « Camera Chiara I » et « Camera Chiara II » (2014), ainsi que de nouvelles productions. Des pans de cimaises, des tranches de socles et des plaques de plexiglass sont disposés dans l’espace comme autant de ponctuations, de coupes, de césures. Ces objets spécifiques nécessitent plusieurs temps de lecture : éléments autonomes dans un premier temps, ils révèlent ensuite leurs interactions avec l’espace et les objets environnants jusqu’à se fondre les uns dans les autres. Jouant de la notion d’in situ, ces pièces sont actualisées dans l’espace de la galerie et le redessinent à leur manière. Les petites pièces constituent au contraire des répertoires de recherche et se situent à mi-chemin entre l’objet et l’expérimentation: ensemble d’angles dans la série d’Arrondis d’angles ө, dégradé de nuances de blanc dans les tasseaux d’Abscissa linea ou encore réflexion sur les proportions du nombre d’or dans la série Clavis Transaltitia. Ces ensembles rejouent, à une plus petite échelle, les questions poséeөs à l’espace par les grands modules, permettant ainsi de les appréhender depuis un autre point de vue et comme un système. Les matériaux simples tels que le bois, le plexiglass, le métal et le papier sont marouflés, ondulés, pliés ou cintrés. La peinture blanche infimement colorée modifie les surfaces en fonction de leur sensibilité tactile ou leur opacité. Franchement arrimées dans le sol ou subrepticement glissées aux creux d’angles dérobés ; fondues dans les tonalités et dans les ombres déjà à l’œuvre dans l’espace, les pièces affirment leur présence et leur matérialité. Elles ne se laissent pas pour autant définir ni circonscrire car elles s’échappent dans les jeux de lumière et se dérobent au regard. La neutralité des pièces est enrichie par les interactions et les échos qui se forment entre elles. Le vide apparent devient alors dense à mesure qu’il se remplit, aux yeux du spectateur attentif, de relations lumineuses, de rapports et proportions. Le formalisme des pièces s’évapore dans les jeux de transparence, dans la diffraction de la lumière et ses rebonds d’un module à un autre. L’espace est comme pris en étau par les pièces qui s’interposent face au spectateur. Bouchant la perspective et entravant le déplacement, elles contraignent autant le regard que le corps. Elles fonctionnent comme des strates, des portes à franchir, des fenêtres qui permettent de reconstituer une unité selon certains points de vue. La liberté du spectateur est mise en question, mais il est l’acteur principal des visions d’ensemble qu’il créé selon sa position dans l’espace. Revenir, tourner, s’arrêter brusquement pour avoir perçu un mouvement, une ombre, un éclat. Tester la transparence, le moment, l’endroit où elle devient opaque – regarder au travers, malgré elle, grâce à elle. Imaginer des visées telle que celle qui a été creusée dans une cimaise pour cadrer un morceau d’espace. La première impression de vide, voire d’absence de visible, demande au spectateur un temps d’immersion et d’adaptation. Une révélation progressive s’opère. Mara Fortunatović nous propose d’arpenter physiquement et mentalement son œuvre, de la regarder à la fois comme une pièce, un tableau aux plans imbriqués, une machine de vision au fonctionnement complexe. Il s’agit peut-être – et c’est là que réside toute l’exigence de l’œuvre et la fascination qu’elle exerce – de faire coïncider, de remettre bout à bout différents clichés et points de vue d’un même espace pour en refaire un objet, un plan cohérent.[...]

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