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La ballade du soldat

Exposition
La ballade du soldat - Vence

1914, la guerre...Max Ernst est mobilisé pendant quatre ans sur le front allemand… « "Victorieux, nous allons battre la France, mourir en valeureux héros !" devions-nous chanter, la rage au coeur, pendant de longues marches nocturnes » ((Ecritures, Max Ernst-1970) Paul Eluard écrivait « En février 1916, le peintre surréaliste Max Ernst et moi, nous étions sur le front, à un km l’un de l’autre. L’artilleur allemand Max Ernst bombardait les tranchées où, fantas-sin français, je montais la garde. Trois ans après, nous étions les meilleurs amis du monde et nous luttons ensemble, depuis, avec acharnement, pour la même cause, celle de l’émancipation totale de l’homme. ». Dans ce même temps, Georges Ribemont-Dessaignes, ami de Picabia, Duchamp, Max Jacob était sur le front français. Il écrivit plus tard dans Ligne suivie par ma peinture «…1913, en cette dernière année je décidai de ne plus peindre, étant donné qu’il n’y avait pas de raison de peindre d’une manière plus que d’une autre…Ce n’est qu’en 1916, lorsque je fus mobilisé dans les bureaux de l’Ecole de Guerre que je fus repris tout à coup d’une activité intellectuelle : j’écrivis des poèmes, aujourd’hui perdus, puis une pièce de théâtre, l’Empereur de Chine. On sait que cette pièce s’incorpora tout naturellement à Dada, lorsque celui-ci fit son entrée à Paris… » Car, en 1917, Dada voyait le jour à Zurich et se propageait à Cologne, Berlin, Munich et Paris où G. Ribemont-Dessaignes fut, avec Tzara, l’un de ses membres les plus actifs, tandis qu’en 1918, Max Ernst, démobilisé, vivait à Cologne où s’ouvrait une maison Dada et participait avec la même passion aux différents groupes qui se formaient dans l’effervescence de l’après-guerre. Tout naturellement, Georges Ribemont-Dessaignes et Max Ernst, qui vint alors à Paris, se rencontrèrent à différentes reprises en particulier au Sans Pareil, où eut lieu la présentation de l’Empereur de Chine et la première exposition Max Ernst en France. Ils se lièrent d’amitié, se perdi-rent de vue…et se retrouvèrent en 1965 autour de l’exposition Hommage à GRD pour ses 80 ans à la galerie Alphonse Chave, à Vence. À cette occasion GRD qui, pendant toute sa vie, avait su garder son sens du dérisoire, sa passion anticonformiste et sa volonté de dénoncer, avec violence, la bêtise qui conduit aux patriotismes ou nationalismes idiots et à la guerre, montra à Max Ernst un de ses écrits auquel il tenait particulièrement : La Ballade du soldat. Max Ernst fut enthousiasmé et décida de l’illustrer. À partir de ce moment, entre Georges Ribemont-Dessaignes à Saint-Jeannet, Max Ernst à Seil-lans et Pierre Chave, lithographe à Vence, il y eut de nombreux échanges : une lithographie devait accompagner le texte, mais finalement Max Ernst se laissant emporter par la beauté caustique et la virulence de ce long poème réalisa trente-quatre lithographies originales. C’est ainsi qu’est né l’album La Ballade du soldat, achevé d’imprimer en 1972. Par ailleurs, les auteurs ont souhaité que deux versions l’une anglaise, l’autre allemande soient publiées afin de sensibiliser le plus grand public aux horreurs et à la bêtise de la guerre. L’exposition montre cet album et sa suite de trente-quatre planches sur papier Japon, ainsi que des épreuves d’essai, annotées par Max Ernst durant la réalisation de ce travail qui dura près de sept ans. En parallèle, seront également montrées des oeuvres originales de Max Ernst et des dessins de Georges Ribemont-Dessaignes, d’avant et après Dada.[...]