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Guillaume bresson

Exposition
Guillaume bresson - Paris

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter la troisième exposition personnelle de Guillaume Bresson dans la nouvelle galerie de la rue du Bourg Tibourg. Une dizaine de tableaux de différents formats seront présentés sous la verrière de la galerie. A l’origine de ces nouvelles œuvres, Guillaume Bresson trace ex nihilo une série de grilles de perspectives, en déplaçant la ligne d’horizon de manière aléatoire. Ces structures données a priori servent de canevas à l’élaboration des tableaux où au fil de la pratique, des architectures s’élèvent et des corps prennent place. Des amorces de récits émergent et s’articulent rappelant l’esthétique des jeux vidéo et de l’animation 3D tout autant que les mises en scènes de la Renaissance italienne. Les motifs qui apparaissent sont prélevés dans le réel : des enfants, des femmes, des hommes, des gestes, des objets quotidiens, un terrain de football… Cette iconographie renouvelée s’accompagne d’une expérimentation picturale, une partie des tableaux ayant été peints sur des panneaux de bois, un support rigide que l’artiste n’avait encore jamais exploité. Une composition donne à voir un ballet de personnages à l’intérieur d’un fastfood comme autant de danseurs d’une comédie musicale. Des décors dépouillés, des no man’s land aux éléments architecturaux sans qualité (avatars postmodernes confinant au pastiche) font apparaître des personnages aux prises avec des non-événements du quotidien : jeune homme revenant du supermarché et transportant un sac de courses, un autre ramassant un emballage au sol, personnages immobilisés dans une attente sans objet. Ces situations peu flatteuses, ces actions dénuées d’héroïsme dans des banlieue-dortoirs où règne l’ennui des classes moyennes, allié à la beauté qui émane cependant d’elles sous le pinceau du peintre, font émerger une poétique de la banalité, une esthétique des marges aux résonances Houellebecquiennes. Ailleurs, la silhouette d’un homme qui se penche donne naissance à l’enveloppe profilée d’un scooter. Le personnage ne fait plus qu’un avec la machine, homme bionique, chimère contemporaine, figure de centaure inversée dont l’apparition dans l’espace du tableau semble découler de lois organiques de la peinture davantage que d’une nécessité narrative. Plutôt que dans la mise en scène d’un récit ordonnateur, le point de vue de l’artiste s’exprime ici dans une façon de peindre le monde qui l’entoure. Guillaume Bresson envisage le sujet comme une construction en train de se faire, interrompue à chaque tableau pour reprendre dans le suivant –une limite vers laquelle on tend. Il nous donne ainsi à contempler « l’aventure d’une peinture » plutôt que « la peinture d’une aventure » actualisant dans le champ pictural la célèbre définition du Nouveau Roman.[...]

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