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Dalila mahdjoub - aurélien david [la maison, le monde]

Exposition
La compagnie Marseille
Dalila mahdjoub - aurélien david [la maison, le monde] - Marseille

DALILA MAHDJOUB - AURÉLIEN DAVID [La maison, le monde] + une saison d’ateliers de pratiques artistiques« LA MAISON, LE MONDE » : L’’installation-atelier de Dalila Mahdjoub vient donner son nom à cette exposition. Quelle autre expression est aussi vaste, d’une telle immensité, pour dire que l’intérieur et l’extérieur communiquent ? La maison et le monde est aussi le titre d’un film de Satyajit Ray de 1984 (inspiré du roman de Rabîndranâth Tagore, où il est question de politique et de sentiments) ; il faut encore évoquer le nom du recueil des textes de Serge Daney paru post-mortem chez P.O.L.-Trafic, La maison cinéma et le monde. L’œuvre de Dalila Mahdjoub refuse la facilité. Des fils sont très nettement tirés d’un côté autour de la place de la femme dans le monde arabe, et de l’autre autour de l’histoire de l’immigration saisie à partir de l’histoire de son père, ouvrier algérien chez Peugeot. Ces deux aspects sont indubitablement présents et centraux. Mais aussitôt, les mots de féminisme ou de communautarisme qui s’associent naturellement à ces problématiques doivent être dépassés. Car l’engagement de Dalila Mahdjoub implique une dimension politique bien plus complexe, plus nuancée et plus radicale. Son installation La maison, le monde renvoie à son atelier permanent, chez elle, dans la cuisine familiale. C’est de là qu’elle relie Les rapports d’exploitations qui croisent aussi bien la dimension du genre et de la femme que les rapports de domination entre les nations qui s’expriment plus particulièrement dans l’industrie, automobile ou textile. Les tissus de la cabane qu’elle installe dans le lieu de création La compagnie sont faits principalement d’étiquettes de vêtements où elle met graphiquement en avant les noms des pays nommés après la mention MADE IN… Nébuleuse de noms qui dessine une cartographie kaléidoscopique des pays de productions textiles. C’est aussi un monument à la mémoire du père. La finesse des formes créées par Dalila contiennent à la fois un charme inouï et une colère urgente ; cela fait retour sur le réel, au plus près de nous, et contact précis avec le lointain.[...]