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Christian bonnefoi

Exposition
Christian bonnefoi - Rennes

« Dans toutes mes séries, il y a des fonctions qui sont reprises (textures, couleurs, lignes, gestes…) dont la structuration variable permet l’apparition et la libération de la forme; parfois la forme peut s’ouvrir, parfois elle peut se fermer; certaines possibilités émergent dans un tableau et vont se développer dans un autre… ». La série des « PL IV », par exemple, s’impose en 2014 comme une renaissance, une suite, dans la famille des précédents « PL » créés de 1988 à 1990. Parmi les œuvres de CHRISTIAN BONNEFOI , la spécificité de cette famille repose sur le rapport particulier qu’entretiennent le geste et le fond, rapport rendu possible par l’usage de la lumière et de la transparence de la toile, à tel point que le verso se présente en même temps que le recto… nous offrant une vision inédite de la surface. Les textures s’y mêlent dans un chevauchement et une sinuosité de bandes colorées. Les bandes colorées brossée à la surface coïncident paradoxalement avec le fond : le hasard qui anime la surface au premier plan se soumet à l’intensité du fond qui émerge, traverse et dépasse les couches picturales. Dans une sorte d’énigme, la peinture est ramenée à la surface et semble flotter au-dessus d’une certaine profondeur. « Je peins les tableaux en partant de leur envers » : la profondeur a le pouvoir de s’élever et remonter à la surface. D’après lui, il existe une analogie, un lien très intime entre la peinture et le monde onirique. C’est-à-dire qu’il crée un parallèle entre le travail sinueux de l’inconscient donnant matière au rêve, et la profondeur du tableau d’où surgissent les méandres du pinceau. Le monde inconnu, profond et secret de l’inconscient comme de la peinture se révèle dans des moments de transport. Chaque couche de peinture est une accumulation de mémoire et le tableau la création d’une temporalité. Aux côtés des « PL IV », se déploient aussi sur les murs de la galerie des assemblages de Ludos récents, monté par les soins de l’artiste. CHRISTIAN BONNEFOI organise et punaise les Ludos sur le mur comme un puzzle pour créer une Composition. Dans ces Compositions se rencontrent, s’affrontent ou se joignent figuration et abstraction, et où figuration devient abstraction. Le lien d’un Ludo à un autre n’étant pas toujours adéquat, il introduit d’autres formes pour harmoniser la Composition : c’est-à-dire des éléments de liaison, comme dans l’écriture, et rend alors possible le déroulement d’un récit. Par exemple, « La dispute de Barcelone », comme chaque Ludo est un collage autonome, une forme épaisse qui s’est échappée hors du cadre du tableau pour explorer son environnement extérieur. Le montage des Ludos est une sorte d’interprétation du collage cubiste, s’impliquant dans une histoire à Mondrian et à l’abstraction expressionniste américaine. « Disons que mon travail se développe plus sous la forme d’une constellation que sous une forme linéaire. C’est un travail qui n’est jamais achevé, mais toujours ouvert ». Dans les deux espaces de la galerie, il présente des créations des trois dernières années : des toiles sur châssis dans la galerie principale (du 38 rue d’Antrain) et des collages muraux punaisés dans l’annexe (située dans la cour).[...]

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