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Bastards

Exposition
Bastards - Paris

Au travers de vidéos, installations, textes et dessins, Ed Atkins (né en 1982, vit et travaille à Londres) développe une œuvre extrêmement singulière qui se nourrit de certains paradoxes de l’existence. Comment parvenir à toucher et capturer l’essence des choses, l’intériorité et l’émotion des êtres – ces mouvements de l’impalpable –, au-delà de leur enveloppe matérielle ? Suivant des scénarii où se rencontrent signes, références et sources multiples, où l’image et le langage s’entremêlent, se compose une œuvre dédiée à cette étude. Ed Atkins s’intéresse ainsi à cette matière qui nous échappe, à ces transformations qui s’opèrent au-delà du visible, aux métamorphoses de soi, qui se conduisent en dehors de notre contrôle. Dans la lignée de penseurs tels que Maurice Blanchot ou Catherine Malabou, les thèmes de la disparition, de l’immanence et de l’incarnation hantent l’œuvre de l’artiste. Ils sont personnifiés par la figure omniprésente du cadavre, enveloppe d’une métamorphose invisible constituant autant un personnage dramatique qu’une allusion à notre finitude. Employant les outils et formes du présent, l’artiste étudie ce que nous sommes en mesure de percevoir, toucher et représenter. Au moyen de vidéos de très haute définition, d’images de synthèse et par l’omniprésence du son, Ed Atkins nous plonge dans des images numériques au plus proche du monde matériel, à un degré tel qu’elles en troublent notre rapport au monde et sa possible représentation. Une myriade d’outils et d’effets cinématographiques – flous, réfractions lumineuses, son immersif, vivacité et saturation des couleurs, montage intense – compose une œuvre viscérale et organique, où chaque vidéo invente son propre écosystème. Pour sa première exposition monographique en France, Ed Atkins présente Ribbons (2014), installation monumentale déclinée en un triptyque vidéo de haute définition, dont la bande sonore envahit l’ensemble de l’espace d’exposition. La parole du protagoniste, qui oscille entre lamentations, dénigrement et supplication, rythme la structure de la vidéo où ses errances et dérives psychiques trouvent leur écho dans le flux continu de l’image, du texte et de la bande-son. Délirant, possédé et monstrueux, ce personnage est « sous influence », contrôlé par d’autres forces – l’alcool, le consensus social, les mœurs, l’outil numérique et l’artiste lui-même. Au centre de cette œuvre persistent les questions fondamentales de la représentation de soi, de la métamorphose interne de l’être, de l’expression du doute, que l’artiste évoque par l’emploi et la subversion des technologies numériques ; une forme magique et paradoxale qui se situe entre notre monde et un autre, entre matérialité des corps et substance invisible.[...]

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