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Anna et bernhard blume, la photographie transcendantale

Exposition
Anna et bernhard blume, la photographie transcendantale - Paris

« Prenez garde aux objets domestiques ! » Bien que datant des années 1930, l’apostrophe de l’artiste surréaliste Claude Cahun semble avoir été écrite pour Anna et Bernhard Blume tant elle s’applique avec justesse à l’atmosphère de ces purs moments d’hallucination, de décalage ou de dérapage incontrôlés qu’ils inventent à travers leurs images. Depuis la fin des années 1970, ce couple d’artistes allemands pour le moins singulier met en scène des séries de photographies dont ils sont les principaux protagonistes et dans lesquelles les objets du quotidien semblent doués de pouvoirs surnaturels. Une table se met à tourner, le buffet se renverse, des assiettes s’envolent, un vase entame une lente lévitation, les corps se contorsionnent. Sur la scène photographique allemande des deux dernières décennies du 20e siècle, connue pour son esthétique résolument objective, conceptuelle et documentaire, pour ne pas dire « froide », les Blume se positionnent à contrepied. À rebours de la plupart de leurs contemporains, ils ont adopté une démarche ouvertement irrationnelle, subjective et jubilatoire. Leurs travaux ne sont pas dénués d’humour et de dérision. À travers leurs images, Anna et Bernhard Blume proposent une critique insidieuse et doucement subversive de la classe moyenne allemande, de ses codes, de ses stéréotypes, de son rapport à la consommation ou au matérialisme. Les lévitations, déplacements d’objet à distance et autres phénomènes spirites, les intéressent précisément parce qu’ils viennent perturber la normalité du quotidien petit-bourgeois. La série Im Wahnzimmer s’inscrit dans ce registre d’un paranormal domestique. Son titre est un jeu de mots sur la « salle de séjour », qui se dit « Wohnzimmer » en allemand, et le mot « Wahn » qui évoque la folie, le délire. Réalisée en 1984, elle s’inspire de photographies de phénomènes paranormaux et notamment de ce que l’on appelle alors des « poltergeists », ces esprits frappeurs qui ont régulièrement défrayé la chronique, dans la presse allemande de l’époque, et sur lesquels les artistes se sont documentés. L’exposition présente pour la première fois la version monumentale, de 25 mètres de long, de la série Im Wahnzimmer, polyptyque de dix-huit tirages de grand format (200 x 126 cm) entré en 2012 dans la collection du musée. Cette première présentation dialogue de façon inédite avec un ensemble exceptionnel de ces photographies de phénomènes paranormaux qui ont tant fasciné le couple d’artistes. « […] si la photographie doit encore figurer quelque chose d’essentiel, alors il devrait aussi exister, par analogie avec la peinture abstraite et ses catégories, ses principes et ses entités de création, par analogie avec une peinture transcendantale, une ‹ photographie transcendantale › en ce même sens. » Bernhard Blume.[...]

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